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Le vignoble bourguignon

Chablis : l’identité minérale des grands vins blancs de Bourgogne

Au nord de la Bourgogne, le vignoble de Chablis s’impose comme une référence mondiale du vin blanc sec. Son identité repose sur un sous-sol exceptionnel : le Kimméridgien, formation géologique riche en fossiles marins datant de plusieurs millions d’années.

Ce sol confère aux vins une tension, une minéralité et une fraîcheur immédiatement reconnaissables. Chaque millésime oscille entre 140 000 et 180 000 hectolitres, preuve d’un équilibre entre tradition et exigence qualitative.

Les Grands Crus de Chablis : un amphithéâtre naturel sur le Serein

Les sept Grands Crus de Chablis dominent la vallée du Serein. Alignés sur un même coteau, ils forment un ensemble unique :
Les Clos, Vaudésir, Valmur, Blanchot, Preuses, Grenouilles et Bougros.

Ces climats produisent des vins blancs d’une intensité rare, capables de vieillir plusieurs décennies tout en conservant leur fraîcheur cristalline.

Les Premiers Crus : la diversité dans la précision

Autour de ces Grands Crus, les Chablis Premiers Crus offrent une palette aromatique d’une grande finesse. Montée de Tonnerre, Fourchaume, Vaillons ou Mont de Milieu comptent parmi les climats les plus recherchés.


Vignoble de l’Auxerrois : un vignoble discret mais essentiel de l’Yonne

Plus au sud, le vignoble auxerrois complète l’identité du Chablisien. Moins connu, il n’en reste pas moins essentiel dans la production des vins de Bourgogne régionaux.

Les vignes s’épanouissent entre 180 et 250 mètres d’altitude sur des sols calcaires du Jurassique, donnant naissance à une large gamme de vins : rouges, blancs, rosés et crémants.

Avec ses cépages emblématiques – Chardonnay, Pinot noir, Gamay et Aligoté – mais aussi des variétés locales comme le César ou le Sacy, l’Auxerrois exprime une Bourgogne plus confidentielle mais pleine de caractère.


Côte de Nuits : le royaume des grands vins rouges de Bourgogne

La Côte de Nuits est souvent considérée comme le cœur battant du vignoble bourguignon. Sur une étroite bande de quelques kilomètres seulement, elle concentre certains des vins rouges les plus prestigieux au monde.

Ici, la vigne est cultivée depuis l’époque des abbayes cisterciennes, notamment celle de Cîteaux, qui a profondément marqué l’histoire viticole de la région.

Des appellations devenues légendaires

Chaque village de la Côte de Nuits possède une identité forte :

Gevrey-Chambertin

Gevrey-Chambertin possède toute la hiérarchie des appellations bourguignonnes. Les grands crus avec le Chambertin, le Chambertin Clos de Bèze, Chapelle-Chambertin, Charmes-Chambertin, Griotte-Chambertin, Latricières-Chambertin, Mazis-Chambertin, Mazoyères-Chambertin, Ruchottes-Chambertin, et enfin l’appellation Gevrey-Chambertin dont environ 20 % sont classés en Premier Cru.

Marsannay

Répartie sur les villages de Marsannay-la-Côte, Chenove et Couchey, l’appellation représente 4 000 hl d’AOC Marsannay, répartis en 10 % de vins blancs, 20 % de vins rosés et 70 % de vins rouges.

Fixin

Pas de Grands Crus, mais de remarquables climats classés en Premier Crus (18,5 ha) et, notamment, Le Clos-Napoléon, La Perrière, Le Clos-du-Chapitre ou Les Arvelets. De solides vins rouges dont le bouquet se développe avec l’âge, alliant puissance et richesse aromatique.

Morey-Saint-Denis

Situé en partie centrale de la Côte de Nuits, le vignoble de Morey-Saint-Denis a pour vocation de produire surtout des vins rouges. La surface du vignoble est assez faible (100 hectares), la production est voisine de 3 500 hl avec une grande proportion de Premiers Crus (28 %) et de Grands Crus (27 %).

Vosne-Romanée

Le vignoble de Vosne-Romanée recouvre près de 220 ha sur Vosne-Romanée et ­Flagey-Echezeaux. La situation du vignoble, l’unité des sols et des expositions y sont tout à fait remarquables. Les sols argilo-calcaires conviennent particulièrement à la production des grands vins rouges. La Romanée-Conti est le Grand Cru le plus prestigieux (1,80 ha) exploité en monopole. Richebourg (8 ha) produit des crus de grande élégance, dominés par des nuances de sous-bois et de musc, suaves et soyeux, d’une belle finale en bouche, qui peuvent aisément surclasser tous les autres crus de l’appellation, dans certains millésimes.

Chambolle-Musigny

Un style tout en finesse, où les vins expriment élégance, soyeux et complexité aromatique. Installé sur les éboulis calcaires provenant en partie de la combe de Chambœuf, Chambolle-Musigny expose son vignoble est-sud-est, à une altitude variant entre 250 à 350 m. La totalité de la production est rouge, à l’exception de quelques pièces de Musigny blanc. Une partie du Bonnes-Mares (15 ha) est située sur Morey-Saint-Denis, la majorité sur Chambolle-Musigny.

Nuits-Saint-Georges

le vignoble de Nuits-Saint-Georges est installé sur des sols bruns calcaires plus ou moins mêlés d’argile provenant de la dégradation du sous-sol d’origine jurassique. D’une couleur soutenue, ils révèlent des arômes riches et puissants de mûres, de myrtilles, d’épices et de fourrure, des vins corpulents et solides. De grands vins puissants et colorés, d’excellente garde.


Côte de Beaune : l’alliance rare des très grands blancs et des rouges remarquables

La Côte de Beaune se distingue par un équilibre rare : elle produit à la fois certains des plus grands vins blancs secs du monde et des rouges d’une grande élégance.

Les climats emblématiques de la Côte de Beaune

Ladoix

Le vignoble de Ladoix est exposé est-sud-est. Il est implanté sur sol calcaire-marneux, légèrement argileux pour les vignes blanches. Les vins rouges sont assez souples et comportent des tanins fins et discrets. Les Premiers Crus sont plus tanniques et plus complets. Les Ladoix blancs sont assez fermes ; leur moelleux se révèle après une nécessaire période de maturation, assorti d’arômes de pomme mûre, de figue fraîche, de noix.

Aloxe-Corton

Les “simples” Aloxe-Corton (prononcez “alose”) sont agréables et parfumés, plus souples que les Premiers Crus (La Maréchaude, Les Chaillots, les Valozières…) et surtout que les Grands Crus que sont le Corton et le Corton-­Charlemagne (63 ha), ce dernier étant un vin gras, séveux, qu’il faut absolument conserver quelques années pour pouvoir profiter pleinement de ses qualités, aux connotations subtiles de fleurs blanches fraîches, de fruits, un rien exotiques, savoureux et onctueux en bouche, très harmonieux, de grande garde. Corton est le plus étendu des Grands Crus. C’est vers les vignes des sommets, à l’exception de Corton-Bressandes, que sont les vins les plus riches. I

Meursault

Une certitude : ici, les terroirs et l’exposition expliquent beaucoup de choses. Certains Premiers Crus comme Aux Perrières, Le Poruzot, Les Bouchottes, Les Caillerets, Les Genevrières ou Les Charmes, provenant de propriétaires hors pair, sont alors exceptionnels.

Puligny-Montrachet et Chassagne-Montrachet

Cinq Grands Crus dans ces deux appellations : Chevalier-Montrachet, Bâtard-Montrachet, Bienvenues-Bâtard-Montrachet, Criots-Bâtard-Montrachet et Montrachet. Des Premiers Crus comme La Garenne, Les Pucelles, En Caillerets, Morgeot ou La Romanée peuvent être également exceptionnels. Les rouges de Chassagne sont bouquetés et souples en bouche.

Pommard

Sur environ 330 ha, pas de Grands Crus, mais une trentaine de Premiers Crus (Les Argillières, Les Chaponnières, Les Épenots, Les Perrières, Les Argelets, Les Boucherottes, Les Pézerolles…) dont les meilleurs sont de grands vins rouges, riches et veloutés, tout en bouche, souples et fermes à la fois, délicatement parfumés.

Volnay

Environ 225 ha, pas de Grands Crus et des Premiers Crus qui peuvent se révéler fantastiques dans le temps (Le Clos-des-Ducs, Le Clos-des-Chênes, Taillepieds, Les Santenots, En Caillerets, Frémiets, En Champans…). De très grands vins rouges, fins, élégants, remarquablement bouquetés et souples, complexes, très équilibrés, de garde.

Monthélie

D’excellents rouges, notamment ceux qui proviennent de climats contigus aux vins de Vougeot (Cas-Rougeot, Champs-Fulliot, La Taupine…), tendres et parfumés.

Auxey-Duresses

De très bons vins blancs assez riches et bouquetés, “rapprochables” de ceux de Meursault. Rouges à dominante de souplesse, très bouquetés, fins, d’évolution moyenne. Quelques Premiers Crus étonnants comme le Clos-du-Val ou La Chapelle.

Saint-Romain et Saint-Aubin

Des vins blancs et rouges, fruités et charmants, de bonne bouche et de bonne évolution, qui peuvent réserver des surprises lorsqu’ils sont bien faits. Plusieurs Premiers Crus dont Champlot, Les Créots ou Les Frionnes.

Maranges

Les vins sont puissants, toujours très colorés, ils expriment des arômes de petits fruits rouges et de sous-bois. Ces vins solides ont un beau potentiel de vieillissement (au moins 10 ans). Les blancs sont gras, équilibrés, parfumés (arômes d’amande et fruits exotiques).

Santenay

Les (meilleurs) rouges de Santenay, très fruités, puissants et charpentés, se révèlent souvent dans le temps.


Côte chalonnaise : une Bourgogne expressive et plus accessible

Entre Côte de Beaune et Mâconnais, la Côte chalonnaise offre une Bourgogne plus accessible mais d’une grande richesse aromatique.

Les villages de Mercurey, Givry, Rully ou Montagny produisent des vins souvent fruités, équilibrés et très expressifs.

Une identité tournée vers le plaisir immédiat

Ici, les vins de Bourgogne sont plus souples, plus directs, mais conservent une vraie signature de terroir, idéale pour découvrir la région.


Mâconnais : le sud des vins blancs de Bourgogne

Le Mâconnais incarne une Bourgogne plus méridionale, plus solaire, où le Chardonnay exprime des arômes généreux de fruits mûrs, de fleurs blanches et de noisette.

Les appellations comme Pouilly-Fuissé ou Mâcon-Villages offrent des vins accessibles mais d’une grande qualité.

Les sols des vins de Bourgogne : comprendre les terroirs d’exception

La Bourgogne s’étend sur environ 24 000 hectares de vignes en production, représentant près de 200 millions de bouteilles par an, dont 63 % de vins blancs et 37 % de vins rouges. Cette région viticole prestigieuse compte plus de 100 AOC et se structure autour de trois grands niveaux d’appellations : Régionales, Premiers Crus et Grands Crus.

Un vignoble façonné par une géologie unique

Le vignoble bourguignon s’étire le long des reliefs situés à l’ouest du fossé tectonique de la Bresse. Les vignes occupent principalement les pentes orientées à l’est, entre 200 et 400 mètres d’altitude, bénéficiant d’un ensoleillement optimal.

Ces terrains reposent sur des formations sédimentaires du Mésozoïque, souvent marquées par des failles et des basculements. On retrouve cette configuration dans des zones emblématiques comme le Mâconnais, le Chalonnais et la Côte d’Or, cette dernière concentrant les plus prestigieux Grands Crus. Le vignoble s’étale sur les reliefs de la bordure ouest du fossé tectonique de la Bresse, occupant les premières pentes bien exposées à l’est, à une altitude modérée de 200 à 400 m sur les terrains sédimentaires de la couverture mésozoïque souvent faillés et basculés comme le Mâconnais, le Chalonnais et la Côte jusqu’à Dijon, la Côte représentant le sommet de la hiérarchie des Grands Crus. L’architecture et la morphologie de la Côte sont bien spécifiques pour deux raisons principales : la structure, jusqu’ici monoclinale, devient tabulaire, et la limite ­Jurassique-Tertiaire bressan est toujours un contact de faille à fort rejet vertical. Les chaînons ont disparu, et sont remplacés par des gradins de failles.

La Côte de Bourgogne : une structure géologique déterminante

La Côte présente une morphologie particulière liée à son histoire tectonique. Elle se caractérise par :

  • une structure en gradins issus de failles successives,
  • un relief dominant la plaine de la Bresse,
  • une organisation du vignoble concentrée sur le pied de côte.

Cette configuration influence directement la qualité des vins en créant une grande diversité de sols et d’expositions.

On distingue trois grandes sous-régions : a tranche du plateau occidental qui constitue la “Côte” peut être subdivisée en trois parties du sud au nord :

  • la “Côte de Beaune”
  • la “Côte des Pierres”
  • la “Côte de Nuits”. Aux processus qui interviennent normalement dans la formation des sols de pente : altération de la roche mère, érosion, culluvionnement, dépôt d’éboulis, s’ajoutent les perturbations liées à l’action de l’homme : défrichement, défoncement, remontées de terre, apports allochtones. Il en résulte une grande variabilité des caractéristiques telles que profondeur, pierrosité, texture.

 

Les sols de Bourgogne résultent de multiples facteurs naturels et humains :

  • altération de la roche mère
  • érosion et dépôts d’éboulis
  • colluvionnement
  • interventions humaines (défrichement, travail du sol)

Cette diversité entraîne une grande variabilité des sols en termes de :

  • profondeur
  • texture
  • pierrosité (présence de cailloux)
  • teneur en calcaire

 

Typologie des sols en Bourgogne

On distingue principalement :

  • Sols bruns et bruns calcaires (appellations régionales)
  • Sols marneux et calcaires (certains Grands Crus)
  • Rendzines sur calcaires fissurés (Grands Crus et Premiers Crus)

Les sols de versant, peu profonds et bien drainés, sont particulièrement recherchés pour la production de vins de haute qualité.

L’influence du sol sur les Grands Crus de Bourgogne

La notion de cru en Bourgogne est intimement liée au sol. Elle désigne un vin exprimant une identité unique, liée à son terroir, capable de traverser les variations climatiques.

Le cru se définit comme un produit émanant du sol, caractérisé par un bouquet original se maintenant à travers les vicissitudes climatiques. Au début du xviie siècle, la différenciation des vins est liée, non plus à la seule personnalité des propriétaires, princes ou moines, mais à l’origine géographique : c’est ainsi que les meilleurs vins étaient localisés près de Beaune en vue d’une consommation rapide et de Nuits pour leur aptitude à la garde. La notion de “climat” apparaît au milieu du xviiie siècle. À l’origine du cru se trouve l’association d’un sol, d’un micro-climat et d’une plante qui définissent des facteurs naturels.

Caractéristiques des sols des Grands Crus

Les Grands Crus se distinguent notamment par :

  • une pierrosité plus élevée (10 à 35 %)
  • une présence variable de calcaire (10 à 50 % selon les zones)
  • des sols majoritairement situés sur des versants

À l’inverse, les appellations régionales présentent généralement :

  • une pierrosité plus faible
  • des sols plus profonds et homogènes

 

Terroir et microclimat : les clés de l’identité bourguignonne

Le terroir bourguignon repose sur l’association de trois éléments fondamentaux :

  • le sol
  • le microclimat
  • le cépage

Cette combinaison unique donne naissance à des vins aux profils aromatiques distincts, faisant de la Bourgogne une référence mondiale en matière de vins de terroir.

Les appellations bourguignonnes

– L’appellation régionale ou générale
Tous les vins de la Bourgogne viticole : Bourgogne, blanc, rouge, rosé.
Bourgogne Passetoutgrain, rouge et rosé.
Bourgogne Aligoté, blanc, issu essentiellement du cépage aligoté.
Bourgogne Grand Ordinaire, rouge, rosé et blanc.
Ces vins peuvent être produits sur les quatre départements qui forment le territoire de la Bourgogne viticole.
– L’appellation Village
Les vins produits par certaines localités peuvent être vendus sous le nom du village producteur (Vougeot, Vosne-Romanée…).
– L’appellation Village plus le nom du climat ou lieu-dit (il en existe quelque 419)
– Les Grands Crus
Certains climats bénéficient d’une appellation à part entière.

Vins de Bourgogne et accords mets-vins : guide pour sublimer vos repas

Auxey-Duresses : un vin de Bourgogne élégant

Le Auxey-Duresses blanc accompagne parfaitement les poissons de rivière et les volailles.
Le Auxey-Duresses rouge, riche et bouqueté, se marie idéalement avec les viandes rouges et le gibier.


Chablis : fraîcheur et vivacité

Les vins de Chablis se distinguent par leur ampleur, leur vivacité et leur persistance aromatique.
Ils sont parfaits avec :

  • poissons de rivière
  • langoustines flambées
  • côte de porc charcutière

Corton-Charlemagne : un grand cru d’exception

Le Corton-Charlemagne est un vin blanc prestigieux qui sublime :

  • turbot poché
  • veau Orloff
  • dinde aux marrons
  • foie gras ou caviar

Rully : idéal avec les viandes de caractère

Le Rully rouge accompagne à merveille :

  • jambon de sanglier
  • canard farci
  • gibier

Santenay : parfait pour les plats mijotés

Grâce à sa belle structure, le Santenay s’accorde avec :

  • gibiers
  • ragoûts et daubes
  • épaule d’agneau boulangère (dans sa jeunesse)

Vosne-Romanée : finesse et complexité

Le Vosne-Romanée, concentré et velouté, s’apprécie avec :

  • pintadeau en sauce
  • poulet aux morilles
  • râble de lièvre

Chambolle-Musigny : élégance et puissance

Le Chambolle-Musigny séduit par sa finesse et sa richesse aromatique.
Idéal avec :

  • dindonneau à la broche
  • bécasse

Chassagne-Montrachet : équilibre et persistance

Le Chassagne-Montrachet, sec et suave, accompagne :

  • poissons
  • viandes blanches cuisinées

Meursault : richesse et gourmandise

Le Meursault offre une texture riche et parfumée :

  • jeune : ris de veau, dinde aux marrons
  • à maturité : blanquette de veau, morilles à la crème, quenelles de brochet

Nuits-Saint-Georges : puissance et finesse

Les vins de Nuits-Saint-Georges sont parfaits avec :

  • ragoût d’agneau
  • civet de lapin
  • grives
  • bœuf bourguignon

Pommard : intensité et caractère

Le Pommard, puissant et structuré, sublime :

  • poule au pot
  • viandes en sauce
  • gibier

Pouilly-Fuissé : finesse et polyvalence

Le Pouilly-Fuissé accompagne parfaitement :

  • saumon grillé
  • ris de veau
  • poularde en croûte de sel
  • quenelles de brochet

L'histoire

Ce pays doit son nom actuel aux Burgondes, peuple germanique qui envahit la Gaule en 406 et y fonda sous la conduite de Gibdecaire (411) le premier royaume de Bourgogne. Clovis, le célèbre roi des Francs, épousa une princesse burgonde, et leurs fils réunirent la Bourgogne à l’empire des Francs. Charlemagne l’érigea en duché et, de 884 à 1002, le duché de Bourgogne appartint à des princes dont Richard d’Autun dit “Le Justicier”. Il fut ensuite réuni à la couronne de 1002 à 1032. Commença alors l’ère d’une nouvelle maison des ducs de Bourgogne qui fut la première “maison capétienne”.
Philippe le Hardi devint le chef de la “maison de Valois”, deuxième maison capétienne. Ce duc de Bourgogne s’intéressa particulièrement à la viticulture. Il interdit la culture du Gamay et exigea de servir du vin de Beaune aux repas officiels.
La réputation des vins de Bourgogne remonte au Moyen Âge. Ce sont des moines qui, les premiers, cultivèrent la vigne. En 587, le roi Gontran donna des terres avec des vignes aux moines de l’abbaye de Saint-Bénigne. En 630, le duc Amalgaire de basse Bourgogne fonde l’abbaye de Bèze lui donnant la possibilité d’exploiter des vignobles à Chenôve, Marsannay, Conchey, Gevrey, Vosne et Beaune.
En 910, des bénédictins formaient l’abbaye de Cluny. Celle-ci acquit de nombreux terrains dans la Côte de Nuits et posséda tous les vignobles autour de Gevrey. Le vin étant un signe d’opulence, certains moines oublièrent la règle monastique et vécurent trop bien. C’est alors que l’ascète Bernard de Clairvaux dénonça cette vie de luxe, puis se rendit à l’abbaye bénédictine de Cîteaux, située en face de Vougeot. Ces moines, séduits par la ferveur au travail de Bernard de Clairvaux, prirent pour devise : “Par la croix et l’araire” et devinrent les cisterciens. Ils défrichèrent des bois, exploitèrent d’innombrables landes, plantant des vignes. On leur doit la création du vignoble de Clos-Vougeot aujourd’hui propriété des Chevaliers du Tastevin. On peut voir encore au château d’immenses pressoirs taillés à même les grands chênes datant de l’an 1000. Les moines avaient remarqué les différences existant entre les vins issus du bas ou du haut du coteau. Aussi, respectaient-ils la hiérarchie de l’époque en établissant trois cuvées : celle des papes, la meilleure, provenant de la partie supérieure du clos, celle des rois, du milieu, celle des moines, du bas. C’est en 1147, au monastère de Pontigny, que fut créé le Chablis. Également par des moines cisterciens qui furent les premiers à planter le Chardonnay blanc. La réputation du Clos-Vougeot était si forte que pendant la Révolution un certain colonel Bisson instaura une tradition selon laquelle les troupes françaises qui passaient devant Clos-Vougeot devaient présenter les armes. Les vins de Bourgogne plurent aux rois de France mais, à la fin du xviiie siècle, la République instaurée fit passer tous les vignobles appartenant à l’Église dans le domaine public, et le morcellement des terres bourguignonnes commença. Bossuet, Bourguignon de naissance, disait : “Le vin a le pouvoir d’emplir l’âme de toute vérité, de tout savoir et philosophie.”

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