Dans le Médoc, en-dehors du “bashing” actuel, il y a de aussi de formidables rapports qualité-prix. Comment ne pas s’enthousiasmer pour des vins de Margaux ou Saint-Estèphe que l’on savoure entre 30 et 50 €, quand on tombe dans les mêmes appellations sur des bouteilles à 80€ ou 200 €…
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Les coups de cœur médocains de l’année
BATAILLEY (P)
CLERC MILON (P)
LATOUR (P) Hors Classe*
MOUTON-ROTHSCHILD (P) Hors Classe*
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ARMAILHAC (P)
DESMIRAIL (M)
LA GALIANE (M)
LYNCH-MOUSSAS (P)
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FONBADET (P)
HENNEBELLE
OSMOND
SOCIANDO MALLET
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CARONNE SAINT-GEMME
CARTUJAC
CHALET du GERMIGNAN
CROIX du TRALE
COS LABORY (SE)
MONTROSE (SE)
LA BRIDANE (SJ)
PLANTIER ROSE (SE)
ROSE BRANA (SE)
SAINT-PIERRE (SJ)
ST-ESTÈPHE (SE)
TRONQUOY-LALANDE (SE)
ANDRON BLANQUET (SE)
FOURCAS-HOSTENS (L)
MAYNE-LALANDE (L)
DEVISE D’ARDILEY (HM)
FONTESTEAU (HM)
HOURTIN-DUCASSE (HM)
LE MEYNIEU (HM)
VILLEGEORGE (HM)
AGASSAC (HM)
CROIX DU TRALE (HM)
HOURBANON (HM)
LABAT (HM)
LAUGA (HM)
DAVID
CASTÉRA
BOIS CARRÉ
BOIS MONDON
LES ABÈDES
LES GRAVES DE LOIRAC
Depuis plus de trente ans (et la mode “Parker” n’y est pas étrangère) un bon nombre de propriétaires médocains (en Pessac-Léognan, Pomerol et Saint-Émilion également) et négociants ont snobé le marché français pour se remplir les poches aux Etats-Unis, notamment, puis en Asie.
Résultat : beaucoup d’amateurs français se sentent délaissés, n’acceptant plus des prix souvent exorbitants, ce qui alimente ce que l’on appelle aujourd’hui le “bashing” de certains grands vins de Bordeaux.
Nous avions averti beaucoup de monde, à l’époque, du risque de perdre l’estime de nos concitoyens… et c’est l’une des raisons pour laquelle vous ne trouverez pas beaucoup de “crus classés en 1855” dans notre Classement… On laisse les “amateurs” étrangers en profiter !
Découlant de cela, les Classements sont nos “coups de cœur” et nous conservons très peu de crus connus dont le rapport qualité-prix-typicité n’est plus réellement cautionnable. Mais on ne peut que rester humbles devant certains vins, très chers, certes, mais, qui, eux, symbolisent la quintessence de leur terroir. Latour est un certainement le plus grand vin de Bordeaux, tant il représente le summum du Cabernet-Sauvignon médocain. Son 2e vin, Les Forts de Latour, à lui seul, éclipse un bon nombre de crus qui se gaussent d’un historique classement (de 1855). Quant à Mouton-Rothschild, nous n’avons jamais été déçu sur plusieurs décennies de millésimes. En Pauillac, toujours, l’exemple flagrant d’un très grand vin, à prix très raisonnable, est Batailley de la famille Castéjà. Il en est de même, à Saint-Estèphe, pour Haut-Marbuzet (famille d’Henri Duboscq). La grande régularité qualitative fait la différence.
Il faut quand même rappeler que le classement de 1855, établi à l’origine par les négociants, repose davantage sur une hiérarchie de marques et de crus que sur une véritable analyse des terroirs, même si les sols ont également une grande importance dans la région.
En effet, au fil du temps :
Cela peut remettre en question la pertinence actuelle de cette hiérarchie historique.
Aujourd’hui, de nombreux consommateurs ne comprennent plus les écarts de prix entre les vins du Médoc. Il n’est pas rare de voir :
Face à ces différences, beaucoup se tournent vers d’autres appellations bordelaises et des régions viticoles proposant des vins plus accessibles et plus expressifs.
Les millésimes du Médoc jouent un rôle clé dans la qualité des vins. Voici les repères essentiels :
À boire actuellement :
À attendre encore :
Millésimes plus décevants :
A force de voir les châteaux changer de mains, l’argent affluer, des sommes invraisemblables (200 millions là, 300 millions, ici…), cela devient indécent : des chais en marbre, des investissements mirobolants…, forcément, beaucoup perdent leur âme, un investisseur, un groupe ou un banquier, secondé par un directeur, ne remplacera jamais le propriétaire.
Il manque donc les figures qui n’ont pas été remplacées et faisaient la légende des grands vins de Bordeaux, forçant le respect, et apportaient leur passion jusque dans leurs bouteilles. Là, alors, le prix n’avait pas tant d’importance et la spéculation n’y avait pas sa place.
Franchement, quel dommage ! On a tellement aimé les figures qui ont fait l’image des grands crus du bordelais, nous faisant rêver quand on débouchait avec eux une de leurs bouteilles, avec humour, humilité et plaisir. Forcément, les vins, les mentalités, les dirigeants… ne sont plus au niveau, tant ces hommes et femmes ont marqué la grande époque de Bordeaux : la “générale” de Lencquesaing à Pichon-Comtesse, Jean-Louis Charmolüe (Montrose), Jean-Michel Cazes (Lynch-Bages), Henri Lurton (Brane-Cantenac), la famille Gasqueton (Calon-Ségur), Anthony Barton (Léoville-Barton), Jean-Eugène Borie (Ducru-Beaucaillou) et d’autres… Nulle nostalgie en pensant à eux, seulement des souvenirs de partage comme on n’en fait plus.
Ceux-là ont fait la juste renommée de quelques-uns des plus grands vins rouges du monde, sans arrogance ni avidité. Ils avaient ce fameux “goût du vin”. Mais çà, c’était avant !
Autre critique fréquente : le style des vins tend à s’uniformiser.
Qui est capable aujourd’hui de vraiment distinguer un vin de la rive droite (et encore plus un Pessac d’un Saint-Julien, un Moulis d’un Haut-Médoc…) d’un autre de la rive gauche, tant les élevages sont semblables et les cépages restreints aux Merlot et Cabernets, malgré des terroirs pourtant très différents.
Le Médoc possède pourtant une grande diversité de sols, qui influencent fortement le caractère des vins :
Cette richesse géologique est l’une des grandes forces de la région. Comprenons-nous bien : il y a des vins formidables dans le Médoc, rares et racés, et d’autres qui ne valent ni leur prix ni leur renommée ancienne, ceci pouvant expliquer le manque d’engouement de consommateurs avertis.
Malgré les critiques, le Médoc regorge de vins accessibles et qualitatifs. Il est tout à fait possible de trouver d’excellentes bouteilles dans des appellations prestigieuses comme Margaux ou Saint-Estèphe à des prix raisonnables.
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