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Château Haut-Sarpe

Quand le classement “officiel” de Saint-Émilion est une bonne blague

La vraie carte des terroirs de Saint-Emilion

La thèse du Professeur Van Leeuwen, et sa carte des terroirs, que certains se seraient plus à faire disparaître, constitue une référence incontournable pour comprendre les sols du Libournais, les terroirs de Saint-Émilion et la hiérarchie des grands crus de Bordeaux. Attention, la plupart des autres cartes ne sont pas réalistes.

Elle met en évidence le rôle déterminant du stress hydrique, de la nutrition azotée de la vigne et de la composition des sols dans la qualité des vins. En effet, toute analyse des grands vins de Saint-Émilion repose sur une connaissance précise de la cartographie des sols : plateaux calcaires, coteaux argilo-calcaires, pieds de côtes et vallées alluviales. Les meilleurs terroirs se situent sur des sols de calcaire à astéries, typiques du plateau de Saint-Émilion, ainsi que sur les molasses du Fronsadais, reconnues pour leur potentiel viticole.

L’appellation se distingue toutefois par une grande diversité de types de sols : sols graveleux, sols argileux, sols sableux, sols limoneux ou encore zones avec nappe phréatique permanente. Cette hétérogénéité des terroirs explique les écarts de qualité entre les crus et l’importance du terroir dans l’expression des vins.

* De (rares) très grands vins exceptionnels de Saint-Émilion

Qu’importent tel ou tel classement : les vins de référence, incontournables, très chers, symbolisent la quintessence de leur terroir/cépage. Ausone est le plus grand vin de l’appellation, tant il représente le summum du Merlot et d’une exposition extraordinaire que l’on “voit” quand on longe la propriété. Cheval Blanc, à géographie opposée, fait la part belle au Cabernet-Sauvignon (les 2 ont quitté ce classement, depuis, on les comprend…), comme Figeac, d’ailleurs, où Thierry Manoncourt avait fait des merveilles. Beauséjour-Bécot est également très représentatif d’une partie du territoire de Saint-Émilion (et on n’oublie pas l’acharnement de Gérard Bécot, à l’époque, pour le défendre). Belair-Monange de Christian Moueix est une autre référence d’un style de terroir privilégié. Des crus comme Haut-Sarpe (de la famille Janoueix) sont également à privilégier, à des prix doux. Et leur grande régularité qualitative fait la différence. Il y en a très peu d’autres.

Un classement “officiel” qui est une bonne blague

Découlant de cela, le dernier Classement “officiel” de Saint-Émilion est incompréhensible. Il fallait oser faire monter une flopée de crus en « Premiers Grands Vins Classés”, “officiellement” s’entend. 

Un vrai tour de magie. La pilule pour faire passer cela : le terroir n’aurait plus beaucoup d’importance mais l’argent et les relations publiques, et les bonnes grâces de certains, seraient devenus les critères ! Vous allez donc trouver des vins dans cette appellation de “1ers” dont les prix ont été surmultiplier et frisent l’insolence. Pourtant, les vins sont les mêmes qu’auparavant…

Seuls les sols de Saint-Émilion font les grands vins

C’est d’autant plus dommage (et risible), que, à l’inverse du Médoc, où le Classement de 1855 a classé des “marques” plus que des sols, La région saint-émilionnaise peut avoir une classification des sols aussi précise que l’Alsace et la Bourgogne.

En fait, si l’on s’attachait à restituer la véritable qualité intrinsèque des sols, il faudrait que l’on intègre d’ailleurs ceux de Montagne/Saint-Georges ou Puisseguin/Lussac provenant notamment de sols calcaires ou argilo-limoneux sur calcaire dur (plateaux, coteaux et pieds de côtes) à ceux de Saint-Émilion qui partagent ces mêmes sols, similitude oblige, alors que Saint-Émilion possède des sols si disparates (on va d’un sol avec nappe d’eau permanente à des sols graveleux, argiles ou de calcaires) qu’une véritable hiérarchie naturelle s’impose. C’est celle-ci qu’il faut suivre.

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